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CENTRE DE SANTE AKILIMALI
DOSSIERS D'INFORMATION

« LES POLITIQUES DES ONG, EN MATIERE DE SANTE, SONT –ELLES ADAPTEES AUX BESOINS DE LA POPULATION EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE ? » 
[Dossier d’information sur le thème : « De la santé et des ONG », par NKULU-ILY Shabo Yves]   16/07/2018 
 
I. INTRODUCTION  
 
Dans leur lutte en matière de santé, les pays subsahariens sont lourdement handicapés. Ces pays manquant de moyens financiers et devant faire face à d’autres urgences coûteuses, les problèmes de santé sont pour eux la goutte d’eau qui fait déborder le vase. 
La récession mondiale, les famines les catastrophes naturelles, les guerres, les coutumes et la superstition n’arrangent rien. 
Les équipements et les médicaments nécessaires pour soigner la plupart des infections fréquentes dont souffrent les malades coûtent extrêmement cher pour les populations africaines ;  
Bon nombre des grands hôpitaux sont aujourd’hui surpeuplés, tombent dans état de délabrement complet et manquent de personnel ; si bien que l’on renvoie certains malades mourir chez eux pour faire de la place aux autres, de plus en plus nombreux. 
Dans un continent où le gros de la population est privée d’eau pure, ne disposant pas d’installations sanitaires satisfaisantes … 
 
II. PROBLEMES DE LA SANTE  
 
Les composantes de la santé dont tiennent compte les ONG en Afrique subsaharienne sont liées aux facteurs fréquents suivants :  
 
A. L’éclatement des familles 
 
De nombreux hommes de 20 à 40 ans sont obligés de quitter leurs femmes et leurs familles pour partir travailler au loin comme mineurs, ouvriers dans les plantations ou dans les usines, ou comme chauffeurs routiers. 
Les émigrés (vers d’autres pays subsahariens) n’ont pas la vie facile. 
Séparés de leurs femmes et de leurs familles, beaucoup doivent se débattre pour trouver un toit et un emploi en ville. Les difficultés que l’émigré rencontre pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille restée au pays provoquant chez lui un sentiment d’impuissance et de déception « qui l’incite souvent à négliger totalement ses responsabilités » . 
 
B. Vices de l’alimentation  
 
· Déficit carentiel 
· Malnutrition excédentaire  
 
C. Les conflits  
 
Il faut également évoquer les guerres civiles et autres conflits politiques, qui traînent dans leur sillage des millions de réfugiés « qui dit guerre civile dit effondrement des normes sociales en matière de conduites », dit-on. 
Les réfugiés sans cesse en déplacement peuvent constituer une source d’infection. 
La guerre n’est pas que politique, mais aussi sociale et psychologique. 
Aux côtés des structures sanitaires déjà rudimentaires et inappropriées, se pose le problème d’inaccessibilité aux zones nécessiteuses pour cause de conflits. 
 
D. Maladie et pauvreté 
 
Les maladies se répandant facilement lorsque les gens vivent entassés les uns sur les autres dans des conditions déplorables. Il faut absolument comprendre que les poches de misère extrême, les situations financières désespérées et leur conséquences offrent un terrain extrêmement fertile aux maladies infectieuses et rendent inopérant les techniques dont disposent le reste de l’humanité. 
Dans ces conditions, il n’est pas facile de circonscrire une épidémie, un très grand nombre de personnes se déplacent. 
 
E. Retour de maladies anciennes  
 
Les maladies autrefois endiguées « réapparaissent, qui plus est avec une extrême virulence ». 
La plupart des progrès réalisés au cours des dernières décennies dans le domaine de la santé sont aujourd’hui remis en question. 
 
F. Les composantes de la santé de la  
reproduction  
 
Elles se résument en :  
 
1) Mortalité maternelle très élevée : on note 1289 décès pour 100.000 naissances en RDC  
 
2) Mortalité infanto-juvénille de 0 à 5 ans dont la moyenne nationale est de 213 pour la RDC. 
 
3) Mortalité infantile de 0 à 1 an  
 
4) La forte fécondité des femmes dont la moyenne est de 7 enfants  
 
5) La prévalence élevée au virus du SIDA qui affecte les jeunes. 
 
6) Les violences sexuelles (très répandues surtout en périodes de conflits)  
 
III. CONTRECOUP SOCIAL  
 
Ces épidémies affectent non seulement le système de soins, mais aussi l’ensemble des secteurs sociaux et économiques. Quatre-vingts pour-cent des malades ont entre 16 et 40 ans, la tranche d’âge la plus productive de la société, celle regroupant la majorité des gens qui ramènent un salaire et partant, font vivre la famille. Quand ces personnes tombent malades et meurent, enfants en bas âge et personnes âgées se retrouvent sans soutien. Partant en Afrique, la coutume veut que les orphelins soient adoptés par leur famille. 
Mais aujourd’hui, quand les parents meurent, les grands – parents et les autres membres de la familles sont souvent trop âgés ou ont déjà trop de mal à subvenir aux besoins de leurs propres enfants. Abandonnés, les orphelins viennent grossir les rangs des enfants des rues. 
 
IV. CE QUI EST FAIT  
 
Plusieurs programmes, privés ou publics ou encore internationaux, ont déjà été mis en place pour essayer, autant que faire se peut, de résoudre les problèmes soulevés en Afrique subsaharienne en matière de santé. 
 
Ces programmes permettent donc :  
 
· L’accès à l’information et à un personnel qualifié ; 
· L’accès aux services de soins ;  
· La réhabilitation des structures hospitalières ;  
En effet, les ONG fondent leur politique d’action sur les joints suivants :  
· Accessibilité géographique en période de conflits ;  
· Accessibilité financière pour les familles extrêmement pauvres ;  
· Accessibilité socio-culturelle en cas de tabous, par exemple ; 
 
Aujourd’hui, en Ouganda, par exemple, plus de 600 organisations et agences humanitaires nationales et internationales luttent contre la propagation du sida, et rien que le sida. Elles ont créé dans tout le pays un réseau de centres d’information, sur le sida qui sensibilisent le public par divers moyens ; théâtre, danse, chant, télévision, radio, journaux et téléphone. 
 
En RDC, par contre, outre les ONG privés, certaines puissances occidentales agissent à travers certaines ONG par des apports bien orientés et établis par ces puissances. Et d’autres puissances, par manque d’expérience sur le pays, en matière de la santé, travaillent en partenariat avec celles qui en ont la maîtrise. C’est le cas de la coopération belgo-japonaise dans la lutte contre la trypanosomiase (jadis éradiquée). 
La Belgique et la France interviennent dans l’achat des équipements et la formation des cadres de santé et ce soit directement, soit à travers des ONG. 
Les USA agissent à travers des organismes tels que le PAM, l’USAID, …, dans le cadre de l’alimentation. 
Les allemands agissent, par exemple, à travers l’ONG GTZ dans le cadre de la transfusion sanguine. 
Les ONG telles que le CICR et ACF (Action contre la faim) sont en plein dans les services de forage des puits d’eau potable. 
MSF (France, Belgique ou Espagne) s’occupe également du secteur sanitaire des populations subsahariennes. 
Et les exemples abondent … 
 
V. CONCLUSION  
 
J’estime, en ce qui me concerne, que les politiques des ONG de santé sont adaptées à nos besoins. 
Mais l’inexistence des statistiques fiables en Afrique subsaharienne, le nombre insignifiant d’épidémiologistes (7 seulement pour toute l’Afrique centrale dont un seul est médecin) ne permettent pas aux ONG de cerner avec exactitude les besoins réels, des populations. Le fait est malheureusement, que les ONG trouvent sur leur chemin plus de questions que de réponses.  

  
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Modifié en dernier lieu le 31.07.2006
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